Construire l’automobile, conduire l’Europe
Quel a été le poids du projet européen sur le secteur automobile, et celui de l’automobile sur la trajectoire de l’Europe ? Construire l’automobile et conduire l’Europe sont deux entreprises qui se sont entrecroisées depuis les années 1970. Le dossier automobile a contribué à mettre certains enjeux – mortalité routière, pollution de l’air, réchauffement climatique, commerce, mais aussi processus de décision à Bruxelles – à l’agenda européen. Dans cette perspective, les industriels veulent une Europe qui serve leurs intérêts propres, tandis que de hauts fonctionnaires de l’Union européenne veulent disposer d’une automobile qui construise l’Europe à laquelle ils aspirent. À ceux-ci s’ajoute une myriade d’acteurs – États membres, eurodéputés, lobbies, associations – qui entendent prendre part aux débats. Dès lors, qui pèse véritablement dans la négociation des politiques industrielles, qu’elles soient officielles ou plus informelles ? Comment les échelles de gouvernance nationale et européenne s’articulent-elles, de même que les sphères politique, économique et sociale ? Les batailles menées par les entreprises, les négociations secrètes de la Commission, le militantisme d’acteurs issus de la société civile, ou encore les frictions entre les gouvernements mettent en lumière les leviers de la gouvernance européenne, loin des discours officiels. Ils posent la question délicate d’un déficit démocratique, à l’heure où l’euroscepticisme se renforce, et où l’automobile est plus en plus perçue comme un produit qui dégrade l’environnement. Finalement, se pose dès les années 1970 la question de l’arbitrage entre ambitions environnementales, préoccupations socio-économiques et poursuite de l’intégration européenne.
Note éditoriale
Préface de Patrick Fridenson
Introduction.
Pourquoi l’automobile et l’Europe ? Genèse d’un questionnement
Première partie
Ouvrir et protéger : le marché européen face à l’internationalisation (1972‑1991)
Chapitre i. L’illusion d’un front commun européen contre les États-Unis ? (années 1970)
Chapitre ii. Réinventer le protectionnisme : quand la voiture propre menace l’unité européenne (1982‑1989)
Chapitre iii. L’ouverture d’un marché unique de l’automobile : l’accord CEE-Japon de 1991
La menace venait-elle vraiment de l’extérieur ?
Seconde partie
Environnement et sécurité routière : comment les industriels ont‑ils tenté de préserver leur influence dans les années 1990 ?
Chapitre iv. Le renforcement des grands industriels de l’automobile à Bruxelles au début des années 1990
Chapitre v. L’affirmation d’experts indépendants de l’environnement et la sécurité routière dans les années 1990
Chapitre vi. L’action volontaire de l’industrie, un nouveau mode de gouvernance ? (tournant du xxie siècle)
Le lobby automobile en perte de vitesse ?
Conclusion. Automobile et Europe, des routes qui s’entrecroisent
Sources principales
Bibliographie
Annexe 1. Liste des acronymes
Annexe 2. Groupes d’acteurs, organisations et institutions
Annexe 3. Liste des commissaires européens fréquemment mentionnés
Annexe 4. Accord volontaire de l’ACEA sur le CO2 (1998)
Index nominum
Remerciements